Le Tri-Nations 2007 a livré son verdict, samedi, en
sacrant comme on pouvait s'y attendre la Nouvelle-Zélande.
Les Kiwis ont toutefois montré des signes de faiblesse et
ont acquis leur troisième couronne consécutive plus
difficilement que prévu. L'Australie et l'Afrique du Sud ont
été, pour leur part, bien plus que des faire-valoir
et ont démontré qu'ils étaient capables de se
hisser au niveau des Blacks. A moins de cinquante jours de
l'ouverture de la Coupe du monde, l'hémisphère Sud
fait déjà forte impression.
Les Blacks ont été
accrochés durant ce Tri-Nations.
Les Blacks redeviennent humains
Grandissimes favoris avant le début de la
compétition, les Blacks ont honoré leur statut en
décrochant leur huitième Tri-Nations, le
troisième de rang. Véritable rouleau compresseur face
à l'équipe de France, la Nouvelle-Zélande a
montré un tout autre visage face aux grandes nations de
l'hémisphère Sud. Certes, le bilan est positif (trois
victoires pour une seule défaite) mais les hommes de Graham
Henry n'ont pas toujours été convaincants, se
reposant un peu trop sur la botte de Dan Carter lorsqu'ils ne
trouvaient pas les solutions dans le jeu. En témoigne, leurs
deux succès poussifs face à l'Afrique du Sud qui se
sont dessinés dans les dix dernières minutes. Mais
même sans être brillants, les Kiwis ont toujours su
imposer leur énorme impact physique qui a fait pencher la
balance en leur faveur en fin de match.
La défaite concédée face à l'Australie
à Melbourne (20-15) peut sonner comme un avertissement
salvateur à moins de deux mois de la Coupe du monde. En
effet, bien qu'elle soit la meilleure équipe au monde
actuellement, la Nouvelle-Zélande n'est pas invincible. A
l'image de son entraîneur, elle a dû ravaler son
arrogance durant ce Tri-Nations ce qui, à terme, pourrait
être une bénédiction pour les
coéquipiers de Richie McCaw. Bousculés durant tout le
tournoi, les Blacks savent désormais qu'ils ne doivent pas
se reposer sur leurs lauriers s'ils veulent brandir le
trophée Webb Ellis le 20 octobre prochain.
A l'issue de la victoire de son équipe dans le Tri-Nations,
Graham Henry a annoncé le groupe retenu en vue du Mondial.
Pour le moment, seuls 29 noms ont été donnés,
une place restant vacante pour le pilier Greg Sommerville,
blessé au tendon d'Achille. Si ce dernier ne parvenait pas
à se remettre à temps, c'est John Schwalger qui
prendra sa place. Les principales surprises sont les absences du
demi-de-mêlée Piri Weepu, titularisé durant le
Tri-Nations, et du troisième ligne aile Troy Flavell.
Les 29 Blacks:
Avants: Rodney So'oialo, Chris Masoe, Richie McCaw
(cap.), Jerry Collins, Sione Lauaki, Reuben Thorne, Ali Williams,
Chris Jack, Keith Robinson, Carl Hayman, Neemia Tialata, Tony
Woodcock, Anton Oliver, Keven Mealamu, Andrew Hore.
Arrières: Mils Muliaina, Leon MacDonald,
Doug Howlett, Joe Rokocoko, Sitiveni Sivivatu, Isaia Toeava, Conrad
Smith, Luke McAlister, Aaron Mauger, Daniel Carter, Nick Evans,
Byron Kelleher, Brendon Leonard, Andrew Ellis
François Steyn a été la
révélation du tournoi côté
sud-africain.
L'Afrique du Sud encore en réglage
Malgré sa dernière place dans le Tri-Nations,
l'Afrique du Sud a fait un beau tournoi. D'ailleurs son classement
final est à prendre avec des pincettes puisque, pour ses
deux sorties à l'extérieur, elle s'est
déplacée avec une équipe bis (voire ter) pour
ménager ses cadres dans l'optique de sa préparation
à la Coupe du monde. Pour leurs deux premiers matches dans
le tournoi, les Springboks ont fait l'étalage de leur
talent. Dominateurs à domicile face à l'Australie et
la Nouvelle-Zélande, ils ont été capables de
prendre leurs adversaires à la gorge tout en maintenant une
grosse pression défensive.
Mais les Boks se sont également montrés encore un peu
court physiquement. Face aux Blacks, la défense
sud-africaine n'a pu supporter les coups de boutoir durant 80
minutes, lâchant prise dans les derniers moments de la partie
alors que la victoire était envisageable. Autre point
faible, la difficile concrétisation des temps forts. Face
à l'Australie, ils n'ont dû leur victoire qu'à
deux drops pleins de sang-froid du jeune François Steyndans
les dernières minutes bien qu'ils aient copieusement
dominé toute la rencontre. Il leur reste moins de deux mois
pour effectuer les derniers réglages. Nul doute que s'ils y
parviennent, ils seront à suivre de très près
en France.
Jack White a dévoilé le groupe qui disputera la Coupe
du monde. Le sélectionneur sud-africain a convoqué 16
avants et 14 arrières. 70% de l'effectif vient des deux
franchises locales des Bulls (11 joueurs) et des Sharks (10
joueurs), toutes deux finalistes du Super 14 cette saison. Seuls
Bismarck du Plessis et Breyton Paulse, reversé dans la liste
cachée, manquent à l'appel. A noter la
présence de trois demi-de-mêlée (Pienaar,
Pretorius et du Preez) et du troisième ligne, le revenant,
Bobby Skinstad malgré sa blessure au côte
contractée en Australie.
La sélection d'Afrique du Sud:
Arrières: Percy Montgomery, Francois Steyn,
JP Pietersen, Bryan Habana, Ashwin Willemse, Akona Ndungane, Jaque
Fourie, Jean de Villiers, Wynand Olivier, Butch James, Andre
Pretorius, Fourie du Preez, Ruan Pienaar, Ricky Januarie.
Avants: Pierre Spies, Bob Skinstad, Juan Smith,
Schalk Burger, Wikus van Heerden, Danie Rossouw, Victor Matfield,
Bakkies Botha, Johann Muller, Albert van den Berg, BJ Botha, CJ van
der Linde, Os du Randt, Gurthro Steenkamp, John Smit (Cap.), Gary
Botha.
Gregan et Larkham sont les piliers de la
formation australienne.
Les deux visages de l'Australie
L'Australie a repris des couleurs durant cette édition du
Tri-Nations. Victorieuse à la surprise
générale des Blacks à Melbourne (20-15), elle
a envoyé un signal fort à la planète rugby.
Les Wallabies seront bien un outsider de marque lors de la
prochaine Coupe du monde. Si les Océaniens ont
retrouvé de belles vertus collectives, ils ont
également soufflé le chaud et le froid. Leurs
débuts de matches à domicile ont souvent
été laborieux, la défense australienne se
laissant rapidement surprendre par les attaques adverses. Bien
qu'ils aient réussi à renverser la vapeur à
plusieurs reprises, ils prendraient de gros risques à jouer
à ce jeu durant le Mondial.
Ces débuts de matches poussifs ont cependant permis de
révéler au grand jour la force mentale et
l'abnégation de cette équipe qui ne s'avoue jamais
vaincue. Cependant son manque de consistance dans le jeu pourrait
lui être fatal. Pour remédier à ce
problème, les Wallabies peuvent compter sur la
charnière d'expérience Larkham-Gregan pour stabiliser
l'équipe et lui donner plus d'allant.
John Connoly annoncera lundi soir le groupe qui s'envolera pour la
France en septembre. Les Océaniens ne jouissant pas d'une
grande profondeur de banc, on ne devrait pas assister à de
grosses surprises dans la liste du sélectionneur australien.